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Quand nos peurs nous empêchent d’être heureux au lit

La peur est une émotion mal-aimée: avec elle, on a l’impression que rien ne va plus, et que le pire va arriver. Elle donne envie de fuir, et c’est bien pour ça qu’elle existe: la peur est avant tout un signal d’alarme. Elle est la réaction du corps face à un danger que les sens ont perçu, et se manifeste de manière désagréable (envie de vomir, cœur qui s’emballe, sueurs froides,…). C’est normal, puisque son but est de nous pousser à agir pour survivre – courir, se cacher, éviter un prédateur.

La peur a un impact aussi sur le développement personnel : bien souvent, elle peut être un frein puissant qui ralentit jusqu’à l’immobilisme. La peur de l’échec, de l’abandon, du risque, de l’inconnu, du regard des autres, du changement, de la perte, quelle que soit la forme qu’elle prend, cette peur est bien souvent ce qui empêche d’évoluer vers son objectif. Ces peurs-là ne sont généralement pas des réactions à un événement présent, mais à des scénarios que nous imaginons pour le futur, et qui font échos à des souvenirs que nous avons. Elles sont le fruit d’interprétation bien plus que de perception, et sont bien souvent décorrelées de la réalité présente.

Un simple état du corps

A la base donc, la peur est simplement un état dans lequel le corps se met face à des signaux extérieurs de danger. Jusqu’à ce que le cerveau s’en mêle… Comme le dit Catherine Aimelet-Périssol, médecin et psychothérapeute,

« Tout ce qui va suivre ces manifestations physiques [de peur] sera une élaboration mentale. C’est un peu comme si l’esprit s’emparait de ce qui vient de se jouer corporellement. Il est capable d’en faire une histoire. Face à la peur, nous pouvons donc distinguer la réactivité corporelle de ce que notre cerveau limbique et notre cortex [qui s’occupent de la mémorisation et du sens que nous donnons aux événements, ndlr] en font. Ces derniers peuvent construire de très belles histoires, mais très dramatiques aussi. » citée par psychologies.com

Autrement dit, quand le cerveau s’en mêle, il a tendance à perdre de vue ce qui a été réellement perçu pour se laisser emporter par l’interprétation parfois disproportionnée de l’événement. Et la peur grandit, gonfle, jusqu’à prendre toute la place.

Quand l’affectif s’en mêle

Cela est plus vrai encore dans la sphère intime, notamment parce que c’est une zone où l’affectif, l’émotif, le corporel et le mental s’entremêlent, et où les tabous nous empêchent de confronter nos peurs à la réalité. Du coup, tous les scénarios catastrophes sont possibles, et l’enjeu paraît parfois gigantesque. De la peur de mal faire à la peur d’être seul en passant par la peur d’être anormal, les risques que nous pensons prendre dans notre vie sexuelle sont parfois tétanisant, et poussent à mettre en place des stratégies pour éviter le risque, au détriment de notre propre bien-être.

C’est le cas par exemple de certaines femmes qui finissent par se forcer d’avoir des rapports sexuels avec leur partenaire, même si l’envie n’y est pas, parce qu’elles ont peur que leur partenaire parte, ou aille voir ailleurs. Ou celui de certains hommes qui finissent par se tourner vers des solutions médicamenteuses alors qu’ils n’en ont pas besoin, parce qu’ils ont peur de ne pas avoir une érection assez forte pour être considéré comme un « homme ».

Revenir à ce qui est

Or, bien souvent, ces peurs sont en grande partie infondées : elles se basent sur une interprétation de ce qui pourrait être plutôt que sur la perception de la réalité. Le tout est donc de ramener son regard sur ce qui est, pour dégonfler ces peurs qui prennent parfois toute la place. Pour cela, prendre le temps de dresser, en 2 colonnes, la liste de ce que nous imaginons en regard de ce que nous percevons peut aider à faire la part des choses, et à mesurer combien nos peurs sont le fruit de notre imagination plus que d’une situation réelle.