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Comment mesurer son épanouissement sexuel?

Tous les magazines féminins vous le diront : il faut être épanoui au lit. C’est bon pour le moral et pour la santé. A les croire, le sexe aurait non seulement un impact positif sur la santé du cœur et la force du système immunitaire, mais il permettrait aussi de prévenir la dépression, d’améliorer la qualité du sommeil, et de réduire le stress. Quoi qu’il en soit, le plaisir sexuel libère en tous cas des endorphines qui sont connues pour leurs vertus relaxantes. Plus généralement, l’épanouissement sexuel participe à l’épanouissement général de l’individu, en favorisant l’estime de soi, l’équilibre psychologique, et celui du couple s’il est en couple.

Mais ça veut dire quoi, être épanoui sexuellement ? Comment savoir si on l’est ? Quels sont les critères habituellement utilisés pour le mesurer ? Et surtout, sont-ils efficaces ?

Notre marraine Alexandra Hubin, Docteur en psychologie et sexologue, répond à cette question délicate.

La fréquence sexuelle ?

Numéro 1 sur le podium : la fréquence des rapports sexuels. La plupart des gens mesurent leur épanouissement sexuel au nombre de fois qu’ils font l’amour, par jour, semaine ou mois. Or, la fréquence n’a en fait pas une incidence nette sur l’épanouissement sexuel. En effet, selon les dernières études scientifiques, faire l’amour une fois par semaine suffirait à un couple pour être heureux. Au-delà de ça, l’effet n’est pas proportionnel : avoir 2 fois plus de rapports sexuels ne rend pas 2 fois plus heureux. Comme le résume Alexandra Hubin, « ce serait donc la qualité qui primerait sur la quantité« .

Plus que cela, le rapport sexuel, qu’il soit en couple ou solitaire, doit rester un plaisir pour être épanouissant. En effet, on observe que se forcer à maintenir une fréquence particulière au détriment de son désir véritable amène à une augmentation de la fatigue, des baisses d’énergie, et même des baisses de libido. L’épanouissement sexuel n’est donc pas une question de fréquence absolue, mais bien relative : l’important est d’avoir le nombre de rapports sexuels dont on a envie.

L’intensité du plaisir ?

Derrière la fréquence, l’intensité du plaisir. Pour beaucoup, le fait d’avoir des orgasmes, et intenses en plus, est un signe de vie sexuelle épanouie. C’est en tous cas ce que reflètent les médias, pornographiques ou non : plus c’est fort, plus on crie et mieux c’est. Or, l’épanouissement sexuel ne se réduit pas au seul moment de l’orgasme, quand le plaisir atteint son point culminant. Il se construit aussi – et surtout –  sur l’avant et l’après. En réalité, le lien entre épanouissement sexuel et orgasme n’est pas systématique : « on peut très bien être épanoui sexuellement après une relation sexuelle qui n’a pas mené à l’orgasme. Autant les femmes que les hommes. », précise Alexandra Hubin.

La variété des pratiques sexuelles ?

En troisième place, la variété des pratiques sexuelles : une vie sexuelle non routinière amènerait à plus d’épanouissement sexuel. Là aussi, les médias participent à cette croyance qu’il faut innover pour être heureux au lit. S’il est vrai que le désir et le plaisir aiment en général la nouveauté, cela ne vaut à nouveau que si l’envie y est : se forcer à varier les plaisir est contre-productif. « Ce qui compte, c’est de s’écouter, soi, son corps, son désir et ses sensations. Et si c’est la routine qui vous excite, c’est bien aussi. » conclut Alexandra Hubin.

Un peu de tout… et le reste.

En définitive, l’épanouissement sexuel dépend d’une série d’ingrédients, et surtout, il est relatif : chacun a son propre baromètre. Quoi qu’en disent les magazines féminins, les médias pornographiques ou non, votre meilleure amie ou votre vieux copain. Chacun a sa manière d’être épanoui sexuellement, et aucune norme n’a son mot à dire dans votre bonheur intime.